Résumé
Objectif: Décrire les aspects radiologiques de la mucormycose de la tête et du cou et préciser l’apport de chaque technique d’imagerie.
Matériels et méthodes: Étude rétrospective monocentrique incluant 30 patients suivis pour mucormycose de la sphère ORL entre 1997 et 2024, tous explorés par TDM du massif facial et cérébral injectée, associée ou non à une IRM du massif facial injectée.
Résultats: Le diabète était le principal facteur de risque (87 % des patients). L’imagerie reposait sur une tomodensitométrie (TDM) seule dans 26 cas (87 %), une IRM isolée chez un patient (3 %), et une exploration combinée TDM-IRM dans trois cas (10 %). Une atteinte rhino-orbito-cérébrale était présente dans 28 cas, avec une atteinte sinusienne dans 27 cas, majoritairement multifocale (86 %), associée à un comblement sinusien total dans 71 % des cas. Les formes maxillo-ethmoïdo-frontale (43%) et maxillo-ethmoïdale (32 %) prédominaient. Une lyse osseuse était présente dans 46 % des cas, et une extension orbitaire dans 50 % des cas, dominée par l’infiltration de la graisse extraconique. Des complications vasculaires étaient notées, dont une thrombose du sinus caverneux dans 14 % des cas. L’atteinte auriculaire et parotidienne, plus rare, ne montrait pas de signes radiologiques spécifiques. L’évolution était favorable dans 63 % des cas, avec une mortalité de 37 %.
Conclusion: La mucormycose est une infection fongique invasive potentiellement mortelle. L’imagerie, associant TDM et/ou IRM est essentielle dans l’orientation diagnostique, l’évaluation de l’extension lésionnelle et la planification thérapeutique, bien que le diagnostic de certitude demeure histologique.
Mots clés: Mucormycose; Infection fongique invasive; Tomodensitométrie; Imagerie par résonance magnétique

